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Carnets de route "Peuples et Musiques"
Inde


Le 31 mars 2003

     Le 29 janvier au petit matin (5h30 heure locale, ce qui correspond à 0h 00 en France) nous arrivons à Bombay, le plus grand centre industriel et commercial du pays. Dès notre arrivée, nous savons déjà que nous passerons le moins de temps possible ici, (ayant séjournés trop longtemps au Caire, nous avons hâte de retrouver le calme de la campagne !). Le cargo village (endroit ou nous devons récupérer nos vélos) n'étant qu'à 2 kilomètres, nous restons devant l'aéroport en attendant son ouverture. Vers 10 h 00 nous entrons dans le complexe, pour n'en ressortir que 8 heures plus tard, rassurés (pas de casse sur les vélos due au transport) et légèrement fatigués après ces longues heures d'attentes. Après remontage des VTTs, nous nous dirigeons vers le centre ville afin de rapidement visiter la ville. Nous passons notre première nuit dans un hôtel du quartier de Kolaba (où se concentrent les hôtels les moins cher), moyennant 450 roupies (environ 9 Euros). Le lendemain, nous visitons quelque peu la ville et nous rendons à l'office du tourisme afin d'obtenir quelques informations sur le Rajasthan. En effet, nous arrivons en Inde avec une carte très précise mais pas de guide. Pour finir, nous trouvons un exemplaire quelque peu usagé pour la modique somme de 600 roupies (environ 12 euros) dans une "boutique" en plein air de livres d'occasions.













Le jour suivant, nous quittons Bombay (voir photos ci-dessus prises à la sortie de Bombay; à droite les fameux auto-rickshaws indien, et à gauche une vue d'ensemble d'une partie de Bombay): Nous avons choisis de nous diriger vers Ahmedabad pour ensuite relier Jaipur. Pour ce faire, nous suivons donc la route nationale N°8 pendant presque 600 kilomètres. Les premières journées sont assez difficiles compte tenu de la chaleur (au plus froid de la nuit, il fait environ 20°, et au plus chaud de la journée un peu plus de 30°). De ce fait, nous modifions quelque peu notre rythme de vie : nous nous levons un peu avant le lever du soleil et parcourons l'essentiel des kilomètres de la journée dans la matinée, ce qui nous laisse du temps libre aux heures les plus chaudes pour effectuer diverses visites (ou encore pour faire la sieste !). Puis, vers 16-17 heures, nous reprenons la route jusque 18-19 heures. Ici, les journées sont plutôt longues à cette période de l'année: le soleil se lève vers 7h 30 et il ne fait pas nuit avant 18h 45.


























A Navagam (petit village au bord de la nationale 8 situé environ à 320 km de Bombay), nous visitons et prenons un repas gargantuesque (pour l'anecdote, à l'issue de ce repas, nous seront obligés de faire une pause de 2 jours dans un hôtel du fait d'une diarrhée carabinée de Benoît) au temple hindou Dada Bhagvan (voir photo ci-dessus).

























A Bharuch, nous admirons une superbe vue sur la Narmada (un des nombreux cours d'eau qui sillonnent l'Inde) du haut de vieux remparts (voir photo ci-dessus), puis nous visitons un temple hindi très ancien ayant donné son nom à la ville.
A Baroda (ou Vadodara), après une visite rapide de la ville (musée, parc, centre ville), nous rencontrons un Philippin dénommé Ringo, étudiant en géographie à la faculté de Baroda ; celui-ci nous fait alors visiter la faculté des beaux-arts de la ville puis nous emmène dans son logement (sorte de chambre universitaire) afin de nous reposer quelque peu. En fin d'après-midi, nous décidons de nous éloigner de la ville afin de pouvoir planter notre tente. En chemin, nous nous trouvons pris au beau milieu d'une véritable parade. Nous apprenons alors qu'il s'agit d'un mariage gujirati (autrement dit de l'état du Gujarat). Un des convives proche du marié (dénommé Suraw) nous invite alors a participer a la cérémonie. Aussi, laissons-nous nos vélos et bagages chez lui, afin de pouvoir participer sans soucis aux festivités. S'en suivra environ 2 heures d'une danse frénétique avant d'arriver au temple où aura lieu la cérémonie (ici, les mariages commencent en musique, le marié étant escorté jusqu'au temple où débute alors lieu la cérémonie proprement dite). Durant la procession (entre 2 et 3 kilomètres parcourus), les femmes et les hommes sont séparés (les femmes et les enfants marchent à gauche de la route et les hommes à droite (côté le plus dangereux du fait des voitures)). Chacun des "clans" effectue des mouvements différents en fonction de l'évolution de la musique. L'orchestre est composé d'une batterie (des tomes seulement), de 2 cuivres (cors), de nombreux tambours et enfin de 2 chanteurs. Malheureusement, nous ne pouvons prendre de photos ni filmer dans une telle agitation, par contre, nous avons pu discrètement (micro dans le short et minidisc en poche) enregistrer une partie de la musique de cette procession.
Pour écouter un extrait de la musique des mariages Gujarati, cliquez ici Ecouter (format MP3)
NB: au début de l'enregistrement, on peut entendre les explications de Suraw sur cette musique (NB: il est un peu éméché et s'est excusé de nombreuses fois de ne parler "fluent English"). Après celles-ci, on entends une saute de son. Celle-ci est due au fait que nous avons amplifié le début du dialogue afin que l'on puisse mieux entendre les explications.

Arrivés à Ahmedabad, nous passons alors 5 jours merveilleux et très riches en découvertes grâce à notre hôte Dipak L.Sutaria (voir photo ci-contre, prise depuis la terrasse de sa maison), membre de l'association Servas tout comme nous (c'est une association qui fut crée après la seconde guerre mondiale dans le but de créer des liens de fraternité entre les peuples (voir www.servas.fr). Il possède sa propre agence de voyage et propose des circuits dans tout le pays, sur des thèmes très variés. Pour plus d'informations, voir son site internet : http://www.dipaktour.com.

Le premier jour, nous commençons par la visite du temple Jaïn Chintamani Parshwanath. Voici les détails du rituel pratiqué par les jaïna lorsqu'ils pénètrent dans un temple: Tout d'abord, ils retirent leurs chaussures, puis se font le Tilak (symbole en forme de petite flamme pour les hommes et de rond pour les femmes) sur le front précisément entre les 2 yeux, sur le point appelé Agnachakra. En faisant ce dernier, ils émettent le vœu de suivre les principes énoncés par Le Paramatma et à travers la Darshan (Foi) envers Le Paramatma, espèrent ouvrir l'Agnachakra, point de pur savoir. L'étape suivante consiste à joindre les 2 mains au niveau de la poitrine devant une statue du Paramatma. Une fois entrés dans l'enceinte du temple, ils appliquent avec l'annuaire de la poudre sur les 9 chakras d'une des nombreuses statues de Paramatma (dans un ordre bien précis : en commençant par les points situés sur les jambes, puis ceux se trouvant sur les bras, ensuite ceux sur le visage, pour terminer par ceux du corps), puis déposent quelques fleurs devant celle-ci. Ce processus a pour nom "seva" ou encore "kesar-puja".

Une fois entrés dans l'enceinte du temple, ils dessinent le "sathio" (ou "sathiwo", voir photo ci-contre) avec des grains de riz sacrés. On commence toujours par dessiner le Swastik, qui est un emblème sacré dont les 4 branches représentent les différentes conditions de l'existence, à savoir l'état céleste, l'état humain, l'état animal et enfin l'état correspondant à l'enfer. Ensuite il faut former 3 ronds au-dessus du Swastik. Ces derniers sont appelés les 3 "vertus": "Jnan" (Savoir), "Darshan" (Foi) et "Charitra" (Personnalité). Enfin, on forme au-dessus de celle-ci un croissant de lune (symbole du Siddhashila (paradis)) puis on exécute au sommet un dernier rond, symbolisant notre âme. Par ce dessin, on exprime le vœu d'être libéré du cycle des réincarnations, afin d'accéder enfin au Siddhashila.

Les jours suivants, nous entamons une tournée des différentes écoles de danse d'Ahmedabad. Au total, nous en visitons 6, toujours grâce à notre ami Dipak, qui en plus d'arranger les rendez-vous pour nous, nous accompagnera partout, nous servant d'interprète (Gujirati-Anglais), ce qui facilite grandement notre travail de collecte... Bref, il est vraiment incroyable et nous le remercions de tout cœur pour tout ce qu'il a fait pour nous. Pour de plus amples informations sur les différentes écoles de danses visitées, voir la partie "Le coin du musicien" (on peut y télécharger de nombreux extraits vidéos sur les différents styles de danse rencontrés).














Durant notre séjour chez lui, Dipak nous emmène visiter Ahmedabad, et plus particulièrement l'imposant marché Dhalgerwed, aux milles et unes couleurs et senteurs, le vieux quartier avec ses superbes sculptures sur bois d'une finesse incroyable (voir photo ci-dessus, à gauche), ainsi que la mosquée Gemi (voir photo ci-dessus, à droite), très différentes de celle que nous avons pu contempler précédemment (dans un style hindo-musulman avec des sculptures d'un raffinement extrême). Puis nous nous dirigeons vers Gandhinagar (25 km en bus) où nous visitons le temple Akshardan (de la secte hindoue Swaminarayam) avant de nous rendre au festival Lok Sankruti Melo (Lok = peuple, Sankruti = culture, Melo = fête).

Ce festival a lieu tous les ans du 11 ou 20 février de 17 à 22 heures. Durant toute la soirée, de nombreuses danses sont présentées au public. Les musiciens, danseurs et danseuses viennent de nombreux états d'Inde, utilisant des styles de tantôt classique, tantôt folklorique (pour la majorité). Au total, 14 ensembles se succéderont (voir photo de la scène et des gradins ci-contre), dans une ambiance des plus chaleureuses. A l'issue de la soirée, les spectateurs sont totalement ravis (nous aussi!) vu la qualité exceptionnelle des différentes prestations. Pour voir des extraits vidéos de cette soirée, nous vous renvoyons au détail des danses classiques et folkloriques exposées plus loin.

Le quatrième soir, Dipak organise chez lui une rencontre avec plusieurs membres de Servas. Ce fut une soirée très agréable au cours de laquelle nous avons fait la connaissance du docteur Paneri, médecin Ayurvéda (science ancienne de la médecine traditionnelle indienne à base de plantes). Cet homme est un véritable phénomène: Pour faire un diagnostic, il lui suffit de tâter le poux de la personne. Il a déjà guérit environ 45 personnes de la maladie de Parkinson, contre laquelle aucun remède n'existe dans notre médecine occidentale. En 1 an de traitement, voire moins, ses patients sont rétablit au minimum à 90%, tout simplement incroyable ! Pour de plus amples informations, voici l'adresse de son site internet : http://www.drpaneri.com.
Après ces 5 jours extraordinaires, nous quittons Ahmedabad pour nous diriger vers Udaipur, que nous relions en 4 jours.









 




Arbre Banian sur les rives du lac Pichola

City palace d'Udaipur

Udaipur est une ville comptant un bon nombre de palaces tous aussi grandioses les uns que les autres (ce qui lui a valu le nom de "Venise de l'Orient"), c'est vraiment un lieu magnifique où il y a quantités de choses intéressantes à voir. Nous visitons le City palace (dont l'intérieur a été aménagé en un vaste musée), le Bakore-Ki-Haveli (musée possédant une impressionnante collection sur les costumes et les bijoux traditionnels provenant des "4 coins" du Rajasthan), , ainsi que le Jagdich temple (magnifique temple hindi).

Au niveau musical, nous nous rendons au Prem Musicals Instruments (adresse trouvée dans le guide Lonely Planet 2002), où nous enregistrons Rajesh Prajapat (dit Bablu). Celui-ci est le propriétaire du magasin (situé au 28, Gadia Devra, Opp. Hotel Gangaur Palace, Chanpol, Udaipur (Rajasthan)) où il dispense des cours de Sitar et de Tabla. Durant une heure, il nous présente alors ces 2 instruments et nous laisse l'interviewer. De plus, durant notre visite du Bakore-Ki-Haveli, nous apprenons qu'un spectacle de danses et musiques traditionnelles Rajasthanies se déroule chaque soir dans l'enceinte de l'haveli. Nous ne manquons pas l'occasion et nous assistons le soir même au spectacle. Nous ne sommes pas déçus: durant 50 minutes de nombreux danseurs et danseuses se succèdent, présentant successivement un spectacle de marionnettes, une cérémonie de transe (on peut y voir l'un des protagonistes prendre des braises dans sa bouche pour les mettre sur le feu) et différentes danses (avec ou sans clochettes). Dans l'une d'elles, la danseuse porte 1, puis 3, puis 7 et enfin 9 pots sur la tête! A chaque ajout de pot une nouvelle difficulté se présente (elle danse sur une assiette, sur des sabres, sur du verre pillé,..). Ce spectacle nous a réellement beaucoup plus et vaut absolument le détour !



 











Vue d'un des nombreux palaces d'Udaipur

Bablu jouant de la sitar

Pour voir un extrait du râga "Ahil Belaw" (râga du matin), cliquez ici voir extrait vidéo
NB: le passage que nous avons sélectionné, correspond à la fin du râga, qui est beaucoup plus rapide que le reste du morceau (un râga du matin, joué entre 9h et 12h est constitué par une "progression musicale" très lente. Ce qui contribue à amener chez l'auditeur une sorte de sentiment d'éveil lent, tout en douceur (Bablu compare cette progression avec le lever du soleil)). Ce râga dure au total 20 minutes environ.

Pour voir une présentation (en anglais) de la tabla, puis le rythme "Tin tal" (16 temps), cliquez ici voir extrait vidéo

 

 

 











 

 








Vue du lac Pichola (on peut voir le City Palace à gauche et le Lake Palace Hotel situé sur Jagniwas Island (île artificielle construite en 1754 pour y construire l'ancien palais royal de Jagat Singh II)

Au final, nous resterons 3 jours entiers à Udaipur. Le quatrième jour au matin, nous quittons celle-ci pour nous rendre vers Jaipur, capitale de l'état du Rajasthan, située à environ 470 km de là. En 6 jours, nous couvrons la distance. A noter : L'omniprésence d'épineux en bord de route, à cause desquels nous crevons plusieurs fois. A Jaipur, nous découvrons la vieille ville, qui vaut à Jaipur son surnom de "ville rose"; toutes les artères principales y étant colorées en rose. Nous y visitons l'Iswari Minar Swarga Sal (ce qui signifie "minaret perçant le ciel"), du haut duquel nous attendait une vue imprenable sur la cité. Ensuite, nous nous rendons à l'Hawa Mahal ("palais des vents"), bâtiment construit pour permettre aux dames du harem royal d'observer le spectacle de la rue. Enfin, grâce à Florent Faxo, un saxophoniste rencontré en Egypte (voir carnet de route correspondant), nous entrons en contact avec une famille de musiciens de Jaipur. Nous contactons l'ancien professeur de tabla de Florent (celui-ci ayant passé deux ans chez lui à étudier la musique indienne (il y a appris le chant, le tabla ainsi que certains râgas avec son saxophone)). Il a 26 ans et s'appelle Amanat Ali Kawa. Il vit depuis 6 mois en France et joue dans 2 groupes différents. Le premier s'appelle Kwal, groupe très connu dans les environs d'Angers. C'est un mélange moderne de plusieurs styles musicaux. Amanat y chante et joue de l'harmonium, Ishak (son grand-frère) joue de la sitar et enfin Ashok (son autre grand-frère) les accompagnent au tabla). Le second groupe s'appelle "Badali" et est constitué par la réunion des 3 frères jouant de la musique classique de l'Inde du Nord. Ils y assument les mêmes rôles que dans le groupe Kwal.

 












 

Rapidement, nous lions amitié avec Amanat qui est vraiment très ouvert et chaleureux. Nous passons alors 5 jours entiers en sa compagnie et avec sa grande famille (voir photo de sa mère et de 2 enfants de la famille ci-dessus à gauche). Dans la famille Ali Kawa, tout le monde est musicien et ce, dès le plus jeune âge. Le père d'Amanat était très connu à Jaipur et il a enseigné à ses fils l'art de la musique indienne, comme son père l'avait fait avant lui. Maintenant, ce sont ses fils qui enseignent aux autres membres de la famille et aux autres jeunes du quartier. Amanat enseigne son art à de nombreux jeunes très talentueux. Sur la photo de droite figurant ci-dessus, on peut voir, de gauche à droite, Nishad Ali Kawa (tabliste (joueur de tabla) et chanteur qui a débuté à l'âge de 2 ans et demi et remporté un prix spécial au Rajasthan à l'âge de 3 ans!), Rizwan Khan (lui aussi tabliste et chanteur), Noshad Ali Kawa (chanteur principal), Irshad Ali Kawa (chanteur principal), Dilchad Ali Kawa (joueur de santour et chanteur). Reste Imran Khan (malheureusement nom présent sur la photo) qui joue de l'harmonium et chante. De plus, même si cela n'est pas leur instrument principal, tous jouent du tabla, ce qui leur permet de mieux maîtriser leur propre instrument. En effet, ils peuvent ainsi suivre beaucoup plus facilement le rythme (ou Tâl) donné par le tabla.
Citation de Bablu (voir présentation de la tabla ci-dessus), "if you know some tabla, then you can play very well sitar. Because rythm is in your mind. Generaly in India, [...] small or big artist know a little bit tabla. How many tâls... How many beats... [...]" (Traduction: "si tu connais un peu le tabla, alors tu peux très bien jouer du sitar car le rythme est dans ton esprit. Généralement en Inde, les petits ou les grands artistes connaissent un peu le tabla. Combien de rythmes, combien de temps..."). Ceci étant valable pour tous les musiciens (chanteurs ou instrumentistes) utilisant la mélodie.
Pour écouter un extrait de musique folklorique joué par ces jeunes, cliquez ici Ecouter (format MP3)
Instruments utilisés: harmonium et tabla.

Pour voir un extrait du Râga "Yaman" (râga du soir) joué par Dilchad et Imran (puis Rizwan), cliquez ici
voir extrait vidéo
Instruments utilisés: santour et tabla.

Durant ces 5 jours, nous assistons à de nombreuses répétitions des jeunes formés par Amanat. De plus, nous nous rendons avec Amanat et les jeunes dans un hôpital où l'on soigne des malades du Cancer. Ceux-ci y donnent quotidiennement un concert gratuit. Ensuite, Amanat nous offre une interview privilégiée et nous donne notre premier cours de chants indiens. Enfin, par l'intermédiaire des frères d'Amanat, nous "flambons" achetant un sitar et trois tablas ! C'était une occasion en or, car non seulement nous avons la certitude que ces instruments sont de qualité car les frères d'Amanat sont des musiciens professionnels, et, en plus, ceux-ci géreront l'envoi à notre place car ils en ont l'habitude. Ashok ira même jusqu'à envoyer ses propres tablas par bateau pour pouvoir prendre directement notre sitar dans l'avion !

Tout au long de notre séjour avec eux, nous sommes réellement stupéfaits de voir avec quelle simplicité cette famille vit et surtout avec quelle générosité il nous reçoivent chez eux. Avec cette rencontre, c'est un part de nos rêves qui se réalisent !

Pour voir un extrait du Râga "Bilawal" (râga de l'après-midi) joué par Amanat (NB: les paroles sont de sa composition), cliquez icivoir extrait vidéo
Instruments utilisés: harmonium.















Amanat (à l'extrême gauche) et certains membres de sa famille. (Julien est caché quelque part sur la photo !)

Un groupe de musique se produisant devant chez Amanat à l'occasion du Morom (fête commémorant la mort de l'Imam Hussain pendant laquelle aucun musulman ne doit jouer de la musique pendant 11 jours mis à part ce style de bande (utilisant uniquement des tambours de diverses tailles, appelés "Tacha Dol"). Le son ressemble assez aux groupes se produisant dans les mariages, sans la mélodie.

Après tous ces moments partagés, nous sommes très triste de devoir quitter cette "famille en or". Aussi, nous nous promettons d'aller voir les frères Ali Kawa en concert en France. De plus, ceux-ci ont proposés de nous former au tabla et au sitar, aussi nous ne manquerons pas cette occasion unique. Et puis, c'est bien de possèder des instruments, mais s'ils servent de décoration, c'est un peu dommage...

Note très importante pour les organisateurs de manifestations culturelles: les frères Ali Kawa sont prêts à accepter tout type de concert en France. Pour quelques 500 € plus le remboursement de leur frais de déplacement depuis Angers, ils viennent donner un concert de 3 heures de musique typiquement traditionnelle de l'Inde du Nord, et ce, à "domicile". Eventuellement, si plusieurs concerts sont prévus, ils peuvent, par exemple, accepter 200 € par concert. Tout ça et à négocier avec eux et ils sont ouverts à toute proposition. Voici leurs différents contacts:
KWAL: musique caméléon - 63, rue Beaurepaire - 49100 ANGERS - Tél: 02.41.20.03.94
Momo (surnom de leur impésario): 02.41.79.07.47 - 06.22.70.85.68
Ishak (frère d'Amanat): 06.18.25.84.25 -
Site internet: www.multimania.com/ishakkawa/
Mail: ishakkawa@yahoo.com
Asok (frère d'Amanat): Tél: 06.65.31.18.62
Amanat: Tél: 06.79.01.67.15
Mail: amanatalikawa@yahoo.com

PS: Nous pensons à notre retour, tout faire pour les faire venir dans les Vosges afin d'y réaliser une "tournée". Nous essayerons de convaincre notre municipalité, la communauté des communes ou encore le département du bien fondé de la chose, enregistrements à l'appui.

Note pour ceux qui veulent apprendre la musique indienne: les frères Ali Kawa dispensent des cours de musiques indiennes à Angers et dans les environs. Ils acceptent des étudiants de tout niveaux. Voir contacts ci-dessus pour plus d'informations.

Suite du carnet de route:
Les jours suivants notre départ de Jaipur, nous relions Agra à vélo. Nous découvrons alors l' "Inde paysanne", les abords de la route étant essentiellement constitués par des champs. De plus, nous traversons bon nombre de petits villages de paysans indiens.












Une fois à Agra, nous nous rendons chez Mr P.Krishna Gaur, hôte Servas. Ce businessman de 60 ans vit avec sa femme, son fils, sa belle-fille (voir photo de droite ci-dessus (pendant la préparation des "chapatis", pain circulaire indiens)) et ses 2 petits-enfants (voir photo de gauche ci-dessus). Le soir de notre arrivée, Krishna nous reçoit "en grandes pompes" autour d'une bouteille de Rhum et nous comprenons vite que lui et son fils Vikram sont des bons vivants (la bouteille y passera) ! Le lendemain, nous faisons la visite du parc d'Agra et de ses marchés. Nous en profitons pour voir l'extérieur de la mosquée Jama Masjid et du fort d'Agra. Le soir, Krishna est aux petits soins pour nous et nous prépare un repas délicieux. Malheureusement, les mets sont un peu trop épicés pour nous et le lendemain nous sommes quelque peu malades. Entre-temps, Krishna nous soumet une "grande idée": pourquoi ne pas inverser nos rôles de hôtes-invités pour une soirée, nous cuisinerions à la française pendant que lui et son fils se reposerait. Nous acceptons sa proposition, intrigués mais aussi amusés par cette idée. Le jour suivant sera donc quasiment entièrement consacré à la cuisine. Au menu: Salades avec vinaigrette, Pâtes à la carbonara, Crêpes (sardines, confiture, thon) pour finir nous prévoyons des bananes flambées au rhum. Total des frais de ses achats: 1100 Roupies soit 3-4 jours de notre budget. Ensuite, Krishna nous réclame encore quelques 600 Roupies pour acheter de l'alcool, soit 2 jours de notre budget. La soirée se déroule alors dans une très bonne ambiance, tout du moins jusque la fin de l'apéritif. Près après les salades, notre hôte, trop imbibé par l'alcool, sombre dans un profond sommeil (au milieu du salon), alors que nous finissons seulement de préparer le premier plat. Quelque peu vexé par cette attitude, nous allons nous coucher (bien éméchés nous aussi) après avoir fait un festin de carbonara. Le lendemain, Krishna, s'étant rapidement excusé pour son absence du jour précédant, part tôt à son travail tandis que nous nous reposons. L'après-midi sera consacré aux carnets de route et le soir, à la visite de la boutique de Krishna.

Ce businessman est architecte de profession. Il possède une boutique de gravures sur marbre (voir photo ci-contre d'une table en marbre). Le travail y est effectué à la main et reprend le principe des incrustations de pierres semi-précieuses du Taj Mahal. Pendant 2 heures, nous restons dans sa boutique. Pour commencer, son fils nous explique les grands principes de cette réalisation à la main et nous laisse même essayer de tailler nos propres pierres (voir photo de l'atelier ci-dessous). Très intéressant ! A ce moment, les choses se corsent puisque Krishna et son fils se sont mis en tête de nous vendre un souvenir. 40 minutes durant, les négociations continuent, du style: "vous êtes nos hôtes, vous n'êtes pas là pour acheter, mais considérer plutôt cette opportunité unique... bla bla bla). Au bout de cet harcèlement, nous parvenons à ne rien acheter à ses 2 vendeurs exceptionnels.



















Le soir, Krishna nous donne de précieux conseils sur l'itinéraire à emprunter pour la suite de notre périple indien. Nous avons décidé de changer notre itinéraire étant donné le peu de temps qu'il nous restait en Inde (nous devons absolument arriver à la frontière népalaise le 28 mars, date de la fin de validité de nos visas... Comme nous ne pouvions pas relier Varanasi à vélo dans cette intervalle (nous préférons faire la distance jusqu'à la frontière népalaise), nous devions donc prendre le train. Or, comme nous devons encore attendre un colis de nos parents à Agra. Nous décidons alors de profiter des 5 jours de battements jusqu'à notre départ à Varanasi pour de faire une petite excursion vers le sud (Gwalior, Jhansi, Orchha, Jhansi (240 km en tout)), puis nous rentrerons avec le train Jhansi-Agra le 21 au matin. Le même jour au soir, nous prendrons le train de nuit pour Varanasi (Krishna s'occupera de réserver nos billets).


























Le jour précédant notre départ d'Agra, nous allons voir le Taj Mahal (voir photo-contre, la vue classique de face, ci-dessus une vue de coté, notre "touche perso"), tout du moins l'arrière du Taj (le prix d'entrée est fixé à 760 Roupies par personne, trop cher (nous avons déjà trop dépensé chez notre hôte)). Nous restons environ 1 heure à contempler le Taj et sa parfaite symétrie, loin des flots de touristes présent à l'intérieur du site... Malheureusement, nous n'en verrons que l'extérieur...

Krishna, malgré ses quelques défauts (notamment celui de vous faire sortir un peu trop souvent votre portefeuille...) possède un côté assez attachant! De plus, le soir même, nous le découvrons sous un nouveau jour: celui du musicien. Dans la soirée, lorsqu'il apprend que Benoît possède un harmonica, il lui emprunte et nous joue alors plusieurs morceaux "à chaud" (encore un bon apéro ce soir là...). C'est vraiment un très bon musicien et nous vous invitons à télécharger un de ces morceaux au format DivX (le cadrage n'est pas fantastique, c'est du pris sur le vif (nous aussi, nous étions un peu éméchés)). De plus, cette vidéo donne une bonne idée de la manière d'être de ce "personnage". Cet extrait est une reprise de la musique chantée de la comédie musicale indienne "An evening in Paris". Krishna a appris l'harmonica tout seul et en joue depuis l'âge de 15 ans.
Pour voir Krishna jouant de l'harmonica, cliquez icivoir extrait vidéo
Le lendemain, nous quittons la famille Gaur pour nous rendre à Orchha. Durant cette "excursion", nous découvrons la "jungle indienne" (aucune habitation à des kilomètres à la ronde, excepté de petites échoppes le long de la route. Voir photo ci-dessous) et la paisible beauté d'Orchha, petit village situé dans un cadre naturel sublime, jadis capitale d'un royaume Rajput (apogée de cette cité au 17ème siècle). Ici, les anciens monuments ne manquent pas et il y a nombre de visites intéressantes à faire: temples, ancien palais (voir 2ème photo ci-dessous) cénotaphes (monument élevé à la mémoire d'un mort, voir photo ci-contre).













































Le 21 mars, comme prévu, nous prenons le train depuis Jhansi vers Agra (nous avions fait des réservations avant de partir sur Orchha). Tout se passe bien et, lorsque nous arrivons à Agra, notre colis est enfin arrivé. Après un bon repas et une bonne douche chez Krishna, nous lui faisons nos adieux car nous devons prendre le train ce soir-là. Le lendemain, nous arrivons à Varanasi. Hélas, nous ne pouvons nous attarder sur place et nous n'y resterons d'ailleurs qu'une journée et demi.














Lever de soleil sur le Gange, un moment extraordinaire !

Buffles se baignant dans l'eau sacrée du Gange afin de purifier leur karma (hé oui, même les buffles ont un karma !). En fait, c'est plutôt à cause de la chaleur, mais bon, on peut rêver !

Nous prenons une chambre à l'hôtel et nous pouvons alors y laisser nos affaires pour circuler plus librement. Nous faisons alors une ballade le long des fameux Ghats de Varanasi (voir photo ci-dessous: Ghat Manikarnika servant pour les crémations (par respect pour les familles, mieux vaut ne pas prendre de photos à cet endroit. De loin, nous n'avions pas vu que ce ghat était dédié aux crémations), nous flânons dans sa vieille ville; il y règne une perpétuelle agitation! Rickshaws, piétons, scooters, vaches sacrées et voitures se côtoient ...le tout dans de petites ruelles sinueuses. Il faut le voir pour le croire, même à pied on peut se retrouver pris dans un bouchon! Enfin, c'est aussi ces ruelles qui font le charme de la ville). Enfin, le soir, nous assistons à un concert de musique traditidionnelle indienne dans un restaurant "pour les touristes". Une tabliste et un sitariste y présentent un show de 40 minutes (2 morceaux) d'une grande qualité. Malheureusement, nous n'avons pas pu parler au chef de groupe pour lui présenter notre projet et lui demander l'autorisation de filmer. Nous n'avons donc pas de vidéo ni de sons à présenter pour cette soirée...


























Pour notre départ de Varanasi, nous avons choisi, par hasard, le moment idéal: pendant la finale de la coupe du monde de cricket (sport national de l'Inde) opposant l'Inde à l'Australie. Tous les indiens suivent le match ce qui allège très largement le trafic. Nous effectuons alors le trajet suivant en vélo : Varanasi - Ghazipur - Gorakppur - Sunauli (poste frontière), afin de relier le Népal. Nous mettons 6 jours pour couvrir la distance, découvrant au passage une nature assez différente de celle que nous avions pu voir au Rajasthan (présence de nombreux champs de céréales, de gigantesques bambous, beaucoup de singes, des bananiers (les bananes poussant en Uttar Pradesh sont énormes et quasiment rectangulaire ! Ce qui n'enlève rien à leur goût, puisque ce sont, de loin, les meilleures bananes que nous ayons jamais mangé!).


























Forêt située en bord de route, UP.

Par contre, la route jusque Gorakphur est, passez nous l'expression, assez pourrie, ce qui ralentit quelque peu notre progression et surtout génère quelques maux de fesse et de poignets (on n'a rien sans rien!). Jusque la frontière Népalaise, nous avons le temps de flâner un peu en route. En effet, nous empruntons une nouvelle route plus directe (marquée comme un chemin sur notre carte datant pourtant de 2001) que celle initialement prévue ramenant de 140 à 80 kilomètres la distance à parcourir. Dans cette partie de l'UP (Uttar Pradesh), Les paysages sont vraiment à couper le souffle et on y découvre réellement la vie des agriculteurs indiens.

L'UP est très peuplé (la plus forte densité de tous les états de l'inde), nous nous en apercevons vite puisque nous ne pouvons nous arrêter 2 minutes que déjà 3-30 indiens nous entourent, c'est parfois assez fatiguant, surtout lorsque ceux-ci restent 1/2 heure sur place à vous contempler en chiens de faïence et ce même si vous leur tourner le dos et que vous ne faîtes rien de spécial (le moindre objet sorti des sacs leur donnerait une raison pour vous approcher de plus près). Après tous ces attroupements, le Népal nous fera le plus grand bien !

Le 28, nous arrivons sans encombre à la frontière népalaise (Sunauli), que nous passons en quelques minutes après les formalités d'usage (tampon de sortie sur notre passeport, achat du visa népal pour 30 $ (valable 2 mois)). Ici, pas de contrôle intempestifs et nous passons la frontière sans même avoir à ouvrir un seul sac, très appréciable.

ENCORE DES GALERES:

- un colis envoyé par nos parents a été bloqué 3 semaines à Delhi pour cause de droits de douane à payer. En effet, nous avions envoyé ce colis directement à Mr Gaur, ce qui entraîne alors des taxes douanières si l'on déclare une valeur pour le colis. Nous avons alors été obligé d'envoyer expressément une lettre au responsable de la section douanière à Delhi. Dans celle-ci, nous lui expliquons notre erreur (avec preuves à l'appui: factures, lettre attestant l'appartenance à SERVAS et enfin, preuve du lien de parenté entre l'expéditeur et le destinataire) et lui demandons alors de bien vouloir transférer le colis à Agra. Puis, 2 jours plus tard, nous avons appelé la section douanière de nombreuses fois afin d'accélérer la procédure. Excédés par tant d'insistance (un des coups de fils a duré environ 15 minutes!), ceux-ci ont finalement accepté de nous renvoyer le paquet, nous évitant ainsi de nous rendre en personne à Delhi (ce que nous ne voulions pour rien au monde). Tout est bien qui finit bien !
NOTE IMPORTANTE: Il existe 2 solutions différents pour éviter ce genre de problème:
La première est d'envoyer directement le paquet à son nom chez mr untel (avoir les factures pour attester que le matériel envoyé vous appartient déjà et si possible laisser une lettre à votre hôte attestant qu'il peut recevoir le paquet à votre place si vous n'êtes pas là). L'autre solution, plus simple, consiste à envoyer directement le colis à l'adresse de mr untel mais en précisant que c'est un cadeau sans autres indications.

- Nous avons eu quelques difficultés pour prendre le train d'Agra à Varanasi:
18h00: Nous quittons Krishna afin de nous rendre à la gare d'Agra Cantt. Première mauvaise surprise: on nous dit que notre billet n'est valide que pour un départ depuis l'autre station d'Agra située à environ 7 kilomètres de là. En effet, le billet ayant été acheté dans l'autre gare, il est logique que le départ s'effectue lui-aussi de là-bas. Malgré leur refus, nous insistons quelque peu car il était trop dommage de faire cette distance sachant que le train passait dans les 2 gares à 30 minutes d'intervalle. La tentative s'avère infructueuse... Nous nous rendons alors à Raja-Ki-Mandi, l'autre gare d'Agra.
18h45: Deuxième mauvaise surprise: une fois arrivés à cette gare, on nous dit (après 10 minutes de contrôle dans leur fichiers) que nous devons retourner à la gare d'Agra Cantt. Raison de ce refus: le vendeur du billet a barré l'heure du départ depuis Raja-Ki-Mandi (20h00) pour mettre celle d'Agra Cantt. De plus, on nous dit qu'il n'existe pas de facilité pour embarquer des vélos depuis cette gare (pourtant c'est le même train!). Le chef de la gare, voyant que nous sommes littéralement excédés appelle alors ses collèges de l'autre gare pour les prévenir de notre arrivée. Nous roulons alors de nuit et à très vive allure afin d'être dans les temps pour pouvoir prendre ce train.
19h30: Trempés de sueur, nous sommes de retour à Agra Cantt. Nous retournons alors voir l'employé qui nous a envoyé paître la première fois. Celui-ci accepte tout de suite de prendre les vélos dans le train après que nous ayons prononcé le mot magique (le nom de son chef: c'est lui que le responsable de la gare de Raja-Ki-Mandi a appelé). Toutefois, pas un mot d'excuse de sa part. Ensuite, les formalités pour l'embarquement à peine terminées, celui-ci nous dit que les vélos partiront "peut-être" le soir même avec nous ou bien qu'ils arriveront dans les jours suivants. Finalement, après l'avoir supplié de longues minutes, nous parvenons à lui faire promettre d'envoyer les vélos le soir même. Nous les laissons alors sur place et nous rendons rapidement vers le quai où le train nous attend (il est 20h15). Les bagages rentrés dans le train, Benoît va s'assurer que les vélos sont bien dans le train. Dernière surprise: ils n'y sont pas, et ce, à 10 minutes du départ. Il retourne alors voir l'office du fret et celui-ci le rassure en disant qu'il n'y a aucun problème et que ce n'est qu'une question de temps. Insistant lourdement pour voir de lui-même les vélos dans le train, il se rend avec l'employé sur le quai en question. Les vélos étaient simplement posés à l'arrière du quai avec tout un tas d'autres bagages, ceux-ci étant sûrement, vu leur quantité (au moins 50) destinés à un envoi ultérieur. A ce moment, l'employé attestait encore qu'il n'y avait aucun problème. Tant de bagages à charger en 5 minutes, impossible ! Fermement décidé, Benoît prend les vélos lui-même jusqu'au train. Quel autre moyen d'être vraiment sûr avec de tels incompétents! On brise alors les scellés (corde avec tampon de cire) d'une des soutes à bagages afin de pouvoir y rentrer les vélos. Enfin, nous pouvons respirer et prendre du repos bien mérité après le stress des dernières heures. Conclusion: Il faut parfois avoir une sacrée patience, surtout avec l'administration indienne...

- Benoît a eu 6 crevaisons en 11 jours ! Cela commence par une double crevaison à l'arrière en arrivant à Agra (un clou s'est enfoncé dans le pneu et a percé la chambre à air de part en part). Après quelques jours sans utiliser les vélos, nous décidons d'aller voir l'arrière du Taj (point de vue situé à 6 kilomètres de là), tout se passe bien jusqu'au retour, alors que nous passons sur le pont pour traverser la Yamuna (grosse rivière), un gros morceau de verre s'enfonce alors profondément dans son pneu avant, coupant littéralement le pneu sur 1 centimètre. Impressionnant de voir avec quelle rapidité le pneu se dégonfla ! Une nouvelle fois, la sanction est une double crevaison de la chambre. Nous sommes bon pour rentrer à pied jusque chez Krishna (à 4 km de là). L'entaille dans le pneu sera ensuite réparée avec un bout de chambre à air plié puis collé à l'intérieur du pneu)). Puis, pendant notre trajet vers Orchha, nous dormons dans un champ et, au matin, nous découvrons que la chambre à air arrière est "ornée" de 2 nouveaux trous (grâce à une épine de 3 cm: on trouve partout des arbustes à épines dans la campagne indienne). L'après-midi, la malédiction continue, cette fois le pneu avant (toujours la même histoire, une épine...) et ce alors que nous étions pressés car la nuit allait bientôt tomber. Pour terminer, c'est un petit clou qui viendra clore cette belle série (il s'est mystérieusement inséré dans le pneu arrière pendant notre trajet en train de Jhansi à Agra).
Nb: il faut noter que chaque crevaison à l'arrière constitue un problème puisque nous n'avons pas de pompe pour les chambres à air à grosse valve (voir accident avec un minibus en Egypte). Les pompes indiennes sont vraiment d'une inefficacité redoutable (nous en avons acheté 2 sans jamais parvenir à gonfler correctement ne serait-ce qu'un seul pneu!). En fait, tous les indiens utilisent des grosses pompes à pied (encombrantes et lourdes, mais au moins elles fonctionnent). A chaque fois, nous devons trouver un réparateur vélo (il y en a à tous les coins de rue). Par contre, cela pose plus de problèmes lorsque l'on se réveille au milieu d'un champ en pleine campagne avec le pneu arrière crevé. Enfin, on finit toujours pas trouver ce que l'on veut en demandant à "nos voisins" indiens, car ceux-ci sont toujours très débrouillards et serviables.

- Pour finir sur les poisses de Benoît, sa béquille s'est cassée sur la route vers Orchha. En effet, celle-ci avait été pliée lors de la collision avec le minibus en Egypte (voir ce carnet) et sa résistance s'en est vue amoindrie. Ce qui devait arriver arriva après 2 mois de "sursis". Désormais, nous sommes obligés de nous arrêter uniquement dans des endroits où il y a un poteau ou un arbre, bref, de trouver quelque chose pour appuyer le vélo. Au pire, nous collons les 2 vélos l'un à l'autre. Cette solution n'est utilisée qu'en dernier recours, car l'équilibre de l'ensemble est somme toute assez précaire...

Note concernant ces 2 derniers problèmes: A Gorakphur, nous errons dans l'espoir de trouver une boutique de cycles digne de ce nom. La chance nous amène directement dans le quartier des réparateurs vélo (en Tunisie, en Egypte et en Inde, il n'y a pas ou peu de supermarchés et surtout pas de Brico 10. Dans chaque ville qui se respecte, certains quartiers sont dédié à un certain secteur d'activité (quartier des réparateurs vélos, autos, des bricoleurs en général, des marchands de tissus,...). Nous y achetons une nouvelle pompe "de compétition" (poids: environ 2 kgs), afin d'être plus tranquille au Népal (une crevaison à l'arrière dans la montée de Katmandou serait assez gênante...). De plus, nous parvenons à trouver une béquille de rechange pour le vélo de Benoît, le bonheur total (combien de temps tiendra-t'elle, c'est un autre problème... Ca dépanne bien en tout cas)!

Pour finir, voici quelques anecdotes sur l'hospitalité indienne:

- A Bharuch, alors que Julien se rend chez un glacier afin de prendre son dessert (il avait commandé un simple milk shake à 10 roupies), le serveur ramène à la place deux "super" milk shake avec boule de glace en prime. De plus, le patron lui annonce que cela est offert par la maison. Nous nous installons alors à l'intérieur afin de les déguster et aussi de discuter avec ce patron bien aimable (NB: il parle très peu l'anglais). Au cours du dialogue, ce dernier nous tend alors subitement une grosse liasse de billets (nous n'avons pas compté, mais la pile était impressionnante) "Take it, for your travel!". Nous avons alors vraiment une impression bizarre de rôles inversés... Un peu gênés, nous refusons poliment son offre. Celui-ci insiste de nombreuses fois et voyant que nous sommes décidés, il nous paye alors une nouvelle tournée de milk-shake. Nous acceptons son offre, voyant que lui aussi est bien déterminé. Nous dégustons donc un deuxième milk shake. Puis, lorsque nous nous apprêtons à partir, celui-ci nous retend une nouvelle fois la liasse de billet. Incroyable ! Nous sommes vraiment enchantés et stupéfaits de la générosité de ce drôle de marchant, nous le quittons non sans regret, pleins d'énergie et de confiance envers la nature humaine (franchement, après une situation comme celle-ci, c'est que l'on ressent).

- Peu après notre entrée au Rajasthan, nous nous arrêtons en plein nature dans un restaurant indien Très Très simple afin de restaurer. Le patron, qui parle seulement Hindi nous fait tout de suite asseoir et nous confie "sa meilleure table" (coup de chiffon sur la table et les chaises). Apparemment, il y a un seul menu disponible (pain en boulettes et mouton (quelques rares morceaux) en sauce (épicée bien sûr). Avant le repas, le patron nous demande d'aller faire une prière devant l'autel situé à 10 mètres là). Nous sommes tout d'abord un peu intrigués par cette requête mais, voyant que cela lui tient à coeur, nous nous exécutons. L'autel en question est constitué d'une pierre toute simple colorée en rouge et de forme arrondie (elle représente le Ligna de Shiva, symbole phallique rattaché au culte de Shiva). Nous enlevons nos sandales pour monter sur l'autel et nous y faisons une prière et Julien allume un des bâtonnet d'encens disposés à côté du Linga. Nous ne savions pas du tout quels sont les gestes requis mais faisons de notre mieux malgré tout. Nous nous mettons ensuite à table, affamés. Pendant le repas, le patron est toujours très attentionné et nous ressert plusieurs fois. Puis, nous avons même droit à de la "goutte" locale pour finir ce succulent repas. Jusqu'au moment de partir, nous n'avions aucunement discuté du prix de ce repas (ce qui pose parfois problème car certains patrons profitent que vous êtes occidentaux pour augmenter le prix normal. Négocier le prix à l'avance permet de faire plus facilement face à ce genre de situation). Celui-ci nous fait alors comprendre que le repas est gratuit et nous désigne alors l'autel du doigt! Nous ne nous attendions pas du tout à tant de générosité! Le fait d'avoir réalisé une prière devant l'autel nous assura donc un repas gratuit chez ce fervent Hindu.

- A Ahmedabad, nous avons vraiment été impressionnés par l'hospitalité de Dipak. Durant les 5 jours passés chez lui, celui-ci nous a constamment guidés pour chacune de nos "visites touristiques" ou "musicales". Celui-ci a même pris les rendez-vous avec les écoles de danses à notre place (au prix de nombreuses heures de recherches et de communications téléphoniques)! Ce fut vraiment un hôte exceptionnel.

- A Jaipur, Amanat nous reçoit très chaleureusement chez lui et nous sommes très bien acceptés au sein de sa famille. Ceux-ci nous ont d'ailleurs invités à manger plusieurs fois chez eux. De plus, nous avons fait la connaissance de beaucoup de personnes du quartier d'Amanat (dont beaucoup de musiciens dont le fils du fameux Sultan Khan (joueur de Sârangi connu internationalement) et tous ont été très gentils et curieux à notre égard.

- A Baroda, alors que Benoît observe de près la procession du mariage (afin de glaner quelques sons, minidisc en poche), tous les indiens de la fête l'invitent à danser avec eux. Pendant la danse, Suraj le voit et danse avec lui. Il l'entraîne ensuite hors du brouhaha de la procession pour lui expliquer le but de la procession et faire plus ample connaissance. Après 5 minutes seulement de discussion, celui-ci propose de nous héberger tous les deux chez lui, afin que nous puissions, nous aussi, participer au mariage. Nous ne pouvons qu'accepter cette offre généreuse et spontanée. Nous passerons ensuite une délicieuse soirée en sa compagnie et celle des indiens invités au mariage. Tous sont réellement ravis de nous voir participer à ce mariage et veulent absolument nous faire partager leur joie en dansant avec nous. Une situation comme celle-ci est assez incroyable à vivre!

Ces quelques exemples ne sont là que pour illustrer quelque peu l'hospitalité des indiens. Il en y aurait encore bien d'autres, mais nous n'allons tout de même pas écrire un roman! En tout cas, nous garderons vraiment un très bon souvenir de ce pays exceptionnellement riche. Des gens vraiment accueillants, des musiques extraordinaires et des paysages somptueux, que demandez de plus ? L'Inde nous a conquit et nous y retournerons !

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écouter des extraits musicauxLe coin du musicien (termes utilisés parfois assez technique, nous consulter pour de plus amples renseignements)

NB: Une partie des informations citées ci-dessous sont citées d'autres sources Internet, aussi, si vous reconnaissez votre texte dans nos carnets et que vous voulez l'enlever, nous nous exécuterons immédiatement. En effet, plutôt que de reformulez maladroitement un texte déjà bien écrit, nous préférons le citer tel quel afin d'en garder toute la " saveur ".

DEFINITIONS UTILES:

Le thumrî:
Le thumrî est certainement un des genres poétiques indiens les plus appréciés. Venu d'une tradition purement hindoue, le thumrî est lié à l'expression dansée du désir ainsi qu'au culte de Krishna (que ses poèmes évoquent presque toujours). Largement pratiqué, cité dans les textes classiques et encouragé dans les cours royales hindoues puis musulmanes, ce genre poétique s'est répandu dans l'Inde du Nord pour former deux "Ang" ou deux branches distinctes, désormais partie intégrante de la musique indienne classique. Le Purvi Ang ou Branche de l'Est a pour centre Bénarès et s'étend sur l'Est de Uttar Pradesh, le Bihar et le Bengale. Le Pachahin Ang a pour centre Lucknow (où il s'est fortement développé sous la protection des rois de l'Oud) et s'étend sur toute la partie Ouest de l'Uttar Pradesh jusqu'à Delhi. Sous l'influence de grands chanteurs tels Bade Gulam Ali Khan, une troisième branche a vu le jour durant ce siècle, la Penjabi Ang. Inclu en clôture des concerts de dhrupad (Moiuddin Dagar en était friand) et de khyâl, le thumrî a aussi très largement influencé l'évolution du khyâl instrumental. Ses ornements, murkî et katkâ sont très utilisés dans certaines gharânâs de khyâl. Les poèmes chantés dépendent structurellement d'un rythme à 6 temps, 14 temps ou 16 temps. Insistant sur la composition, le chanteur met en valeur les mots forts du poème par des ornements spécifiques. Purnima Chaudhuri est une des figures de proue du Purvi Ang de Thumrî.

Le nom des notes en Inde:

" Comme chez nous, la gamme indienne est composée de sept notes. S'y rajoutent deux notes secondaires, que nous ne prendrons pas en compte. Pour rester au plus près du système hindou, nous utiliserons leurs noms de notes, à savoir :

Nom

Shadja

Rishabha

Gandhara

Madhyama

Panchama

Dhaivata

Nishada

Abréviation

Sa

Ri

Ga

Ma

Pa

Dha

Ni

Il semble que l'idée de nommer les notes par l'utilisation d'une syllabe vienne donc en fait, de l'utilisation des chiffres décimaux en notation positionnelle, comme c'est le cas des hindous, qui apprirent ces systèmes aux arabes, qui ensuite les propagèrent en Europe. "

Pour en savoir plus sur les notes utilisées en musique Indienne (théorie des 22 Shrutis), nous vous renvoyons au site de Laurent Gautier, d'où provient d'ailleurs le texte ci-dessus.

Les Râgas, définition:

"Les Râgas sont souvent décrit comme une échelle ou un mode. C'est une définition incompléte du Râga. Bien qu'il soit basé sur une échelle donnée, le concept de Râga est plus complexe. Des versets issus des plus vieux traités sur la musique indienne les décrivent comme une chose qui donne du plaisir à ses auditeurs. Chaque Râga possède ses caractérisques propres ce qui les rends facile, pour un amateur averti, à reconnaître. Il existe des Râgas correspondant à différentes périodes de la journée, à des occasions particulières et aux saisons. Dans le nord de l'Inde, la "théorie du temps", selon laquelle certains Râgas ne peuvent être chantés qu'à des moments particuliers dans la journée est toujours d'actualité. Dans le sud, ils ont abandonné cette tradition.

La "théorie du temps" dans les Râgas (appliquée uniquement en Inde du Nord):
les Râgas du matin peuvent être joués depuis le lever du soleil jusque midi.
les Râgas de l'après-midi peuvent être joués de midi jusqu'au coucher du soleil.
les Râgas du soir peuvent être joués du coucher du soleil jusque minuit.
les Râgas de minuit peuvent être joués de minuit jusqu'au lever du soleil.

TECHNIQUEMENT PARLANT:
Basés sur une échelle de 5 à 7 notes, le Râga a des caractéristiques bien définies telles que les ornementations ("Gamakas) et les microtons (intervalles dans une gamme non tempérée, voir théorie des 22 Shrutis en cliquant sur ce lien). D'autre part, certaines notes y sont plus importantes: Vadi et Samvadi. Vadi est la note la plus importante du Râga; C'est générallement une des notes du premier tétracorde (première moitié de la gamme). Samvadi est la seconde note la plus importante; elle est dans le second tétracorde (deuxième moitié de la gamme). " Texte traduit de l'anglais depuis ce site sur la musique indienne:/font>

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