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Carnets de route "Peuples et Musiques"
Népal


Le 8 mai 2003

Le 28 mars (dernier jour de la validité de notre visa indien), nous franchissons la frontière Indonépalaise à Sunauli. Le passage de la douane ne pose aucun problème et, pour 30 $ chacun, nous obtenons un visa de 60 jours. Dans l'après-midi, nous franchissons la plaine Népalaise et le soir, en sortant de Butwal pour nous diriger vers Pokhara, les choses sérieuses commencent alors... La route, très en pente, est parfois dans un état déplorable (nombreux nids-de-poules et pierres sur la routes (dus aux glissements de terrain, fréquents au Népal). De plus, nous ne sommes partis qu'en fin d'après-midi de Butwal. Ce soir là, nous posons notre premier campement au Népal à seulement 2 mètres de la route (première fois depuis notre départ que nous campons aussi près de la route), car la route était encerclée d'un côté par une profonde gorge menant jusqu'au lit d'une rivière en contrebas et de l'autre côté, par un immense mur de roches. Nous continuons à pédaler environ 30 minutes de nuit dans l'espoir de trouver un endroit propice et finalement nous nous contentons d'un petit cercle de verdure en bord de route. Ce ne sera pas la dernière fois que nous camperons dans des endroits inattendus au Népal... En effet, nous avons dormi plusieurs fois très près de village ou d'habitations, ce qui généra bien souvent des attroupements autour de notre tente. Par contre, aucun problème de sécurité ici et nous ne ressentons pas le besoin d'être aussi discrets qu'auparavant.

























La route entre Sunauli et Pokhara est très vallonnée (voir photo ci-dessus) et passe par de nombreux petits villages "perdus au milieu des montagnes". La densité de cette région: "le Teraï", est assez faible, ce qui est appréciable pour nous après la surpopulation de l'Uttar Pradesh. La circulation y est peu dense car la plupart du trafic entre Katmandu et l'Inde passe par la plaine népalaise évitant les routes sinueuses et vallonnées allant vers Pokhara. Nous mettrons 4 jours pour relier Pokhara. Durant ces 4 jours, il a plu tous les soirs et parfois dans l'après-midi: les nuages en provenance de l'Inde venant s'écraser sur les montagnes du Teraï. Nous sommes assez heureux de retrouver la pluie après la chaleur indienne, même si cela ralentit parfois notre progression, nous obligeant à nous abriter sous des abris de fortune (arbres, avant-toits des maisons, arrêts de bus). Les paysages et la nature sont magnifiques et nous donnent la force d'avancer, car la route n'est pas facile. Surtout après pratiquement 4 mois de plaine...














Ici la végétation est très luxuriante (voir photos ci-dessus) et est de type subtropical. Quelques cultures en terrasse ornent le flanc des montagnes, dans les villages, on voit peu de touristes (hormis des cyclos ou des touristes indépendants en voiture) car la route offre peu de facilités d'hébergement. On y voit aussi beaucoup d'artisanat (fabrication de paniers principalement). Plusieurs longues ascensions se succèdent (2 à 3 heures de montée), ainsi que des descentes superbes et nous arrivons enfin à la fameuse descente de Pokhara (fameuse depuis 4 jours, les locaux nous en ayant parlé), longue de 15 kilomètres environ. Prudence dans la descente car, par endroit, la route change de niveau subitement (sauts de 20 centimètres) ou encore un événement inattendu peut survenir en sortie de virage (chat, chien, vache...). La roue arrière de Benoît n'appréciera d'ailleurs par trop et nous sommes forcés de la faire réparer à Pokhara. Le réparateur doit changer tous les roulements à bille de l'axe et nous constatons qu'une des pièces qui les maintient en place et cassée. Malheureusement, il n'a pas la pièce correspondante en stock. Réparation provisoire donc et nous devrons sûrement revoir ça à Katmandu. Nous passons une nuit à Pokhara et le lendemain nous élançons en direction de la plaine de Katmandu. Ici, la route est beaucoup plus facile et nous suivrons le cours de la rivière Seti jusque Mugling, puis remonterons le cours de la rivière Trisuli jusque peu avant Naubise; Point de départ de la montée vers Katmandu. En chemin, nous faisons de nombreuses haltes au bord de la rivière soit pour nous baigner, soit pour constater la présence d'habitations insolites situées sur l'autre rive. Pour traverser la rivière et rapporter ce dont ils ont besoin, les habitants disposent de nacelles suspendues à des câbles tendu entre des 2 rives. Les hommes traversent en tractant le câble avec leur bras (voir photo ci-dessous)
, les femmes et enfants en tirant sur une corde à hauteur de poitrine, enfin ils disposent d'une sorte de cage pour transporter le matériel lourd.
































Le long de cette route, on croise beaucoup d'agriculteurs (il y a énormément de champs dans ces vallées (voir photo de cultures en terasses ci-contre), notamment des rizières) ainsi que des gens vivant du tourisme (nombreux restaurants, hôtels, possibilité de faire du rafting dans la rivière Trisuli, petits treks possibles). La montée vers Katmandu sera la plus éprouvante que nous ayons jamais eu l'occasion de faire, entre 3 et 4 heures d'ascension, sur une route assez large mais très fréquentée. De nombreux camions roulent à une allure d'escargot dans les montées et nous apprécions assez peu les émanations de ces derniers. Par contre, on peut tenter de s'y accrocher, avec plus ou moins de succès. Enfin, après une après-midi éreintante, nous arrivons au sommet du col, d'où il ne nous reste plus qu'à descendre vers la capitale. La roue de Benoît présente à nouveau des signes de faiblesse (très gros jeu dans l'axe) et nous devons trouver un réparateur avant même de faire la descente. Grosse surprise, les roulements tout neuf de 5 jours sont déjà très usés ! Ils sont donc changés à nouveau et la pièce défectueuse peut être remplacée. Dans la soirée, nous dégotons un hôtel pas cher en plein centre de Thamel (quartier touristique de Katmandu). A peine installés dans la chambre, nous sombrons très rapidement dans un profond sommeil. Nous passerons ici 4 journées de repos: En effet, à Thamel (voir photo d'une boutique de souvenir ci-contre) on trouve de tout, dont des livres d'occasions et même des DVDs en location (dont le seigneur des anneaux 2ème partie). Nous en profitons pour acheter nos billets d'avion pour la Thaïlande, ayant trouvé des conditions et un prix intéressant (pour la compagnie Royal Nepal Airline, les vélos sont considérés en terme de poids et non de volume. De plus, il n'y a pas besoin de confectionner une boîte, il suffit de dégonfler les pneus pour pouvoir les embarquer). Durant ces 5 jours, nous retrouverons également Céline Humbertclaude et Didier Vaxelaire, un couple d'amis originaires de Cornimont. Coïncidence incroyable, ils ont décidé de faire le même trek que nous et à la même période ! Nous décidons alors de le faire ensemble. Ils nous procurent le permis d'accès à la région des Annapurnas et se chargent très gentiment de réserver nos places en bus pour rejoindre Besisahar, point de départ du trek.

















En leur compagnie, nous nous rendons au Monkey Temple (voir photos ci-contre), temple bouddhiste niché dans les hauteurs de Katmandu et ils nous invitent très gentiment dans un restaurant japonais "afin de nous changer de la cuisine locale".
De plus, ayant été au courant de leur arrivée à l'avance (merci à l'Internet), nos parents leur ont confié un colis à notre attention, ce qui nous permet de recharger nos stocks de pellicules et bandes Mini-DV. Le 10 avril au matin, nous quittons tous les quatre la capitale pour rejoindre Besisahar. Le trajet est effectué dans un bus local "plus que plein" puisque toutes les places sont occupées, l'allée est pleine (les gens y sont debout ou assis sur des petits tabourets) et il y a même du monde "cramponnés" sur le toit du bus. En résumé, ça bouscule dur le temps des 6 heures de route pour relier Besisahar, d'autant que le chauffeur n'est pas un tendre, mais ce fut très amusant !

Le "tour des Annapurnas" s'est passé à merveille, et nous avons beaucoup apprécié ces 15 jours loin de nos selles et de notre ordinateur portable. Nous avons fait les 7 premiers jours en compagnie de Céline (voir photo ci-contre) et Didier. Puis, Didier a été malade... Nous avons d'abord cru au mal d'altitude (nous étions à 3900 mètres ce soir là), mais ce n'était en fait qu'une indigestion. Nous sommes tout de même redescendus en leur compagnie à Manang (3200 mètres). Puis, nous sommes allés voir un médecin et il nous a alors tous rassurés. Nous sommes tous les deux remontés dans la nuit à 3900, car nous savions que Céline et Didier prendrait la journée du lendemain pour récupérer alors que, de notre côté, nous étions plutôt pressés d'arriver à Katmandu (carnet de route à rédiger, courrier, gestion du vol vers la Thaïlande,...). Ce trek est vraiment formidable et nous avons vu vraiment des paysages époustouflants! C'était très sympa de passer la première semaine avec Céline et Didier, nous avons été vraiment déçu de devoir nous séparer en si bon chemin (nous nous sommes toutefois fixés rendez-vous à leur arrivée à Katmandu, où nous avons alors le temps de discuter de nos expériences respectives de la 2ème partie du trek).

Afin de franchir le col de Thorung La Pass (5416 mètres, voir photos prises dans la montée ci-dessous), nous avons effectué des paliers d'acclimatation de 500 mètres pour éviter le mal de montagnes. Pendant le passage du col, Benoît l'a tout de même un peu ressentit (mal de tête), mais comme nous redescendions dans la même journée, cela ne posait pas un grand problème.



















































Sur c
e trek, on peut voir de nombreux types de végétation différentes, ce qui le rend d'autant plus intéressant. Ces zones se distinguent en fonction de leur altitude. De 1000 à 2000 mètres, nous avons à faire à une végétation de type subtropical. Puis, de 1700 à 2700 mètres , il y a une zone temperée basse, caractérisée par la présence de marronniers, d'érables, de noyers, d'aulnes, de pins (voir photo ci-dessous, à gauche), de rhododendrons et des bouleaux. De 2400 à 4000 mètres, on trouve un climat de zone tempérée haute. On y trouve des chènes, ainsi que des résineux (princapement des pins). Puis de 3000 à 4000 mètres, c'est la zone dite subalpine, où l'on trouve des sapins, des chênes et des bouleaux. Au déla de 4000 mètres, nous avons à faire à la zone alpine où seules les plus robustes des fleurs sauvages peuvent s'implanter en raison des fortes variations de températures et d'humidité. Enfin, tout au long du parcours, on peut voir de nombreuses sources chaudes, faisant le bonheur de nos pieds endoloris (voir photo ci dessous, à droite).














A noter que les prix pratiqués par les lodges et les restaurants sont fixés par l'office du tourisme népalais et sont par conséquent identiques au sein d'un même village. En revanche, plus on avance plus les prix sont élevés en raison des difficultés liés à l'approvisionnement, mais tout cela reste très raisonnable. Ensuite, ce trek est une occasion unique de découvrir la vie dans les villages Népalais. Un soir, nous avons même mangé dans la cuisine de notre "hôte"! Les Népalais font un hôtel avec trois fois rien, c'est très impressionnant! Heureusement, nos sacs de couchages ont résisté à la mauvaise isolation des pires hôtels. En plus, il y a généralement des couvertures à disposition, pour les plus frileux (benoît). Le mois d'avril s'est révélé être une bonne période pour marcher: On y croise pas trop de touristes et il pleut très peu dans la journée.
Nous marchions entre 5 et 8 heures et demi (journée de passage du col) par jour. Le circuit est assez physique puisqu'il se compose de nombreuses "montées-descentes" surtout dans sa première partie. Enfin, la grosse difficulté du parcours réside dans le col de Thorung La Pass: journée avec plus de 1000 mètres en dénivelé positif suivit de 1600 mètres en négatif !


























Voici une liste des différents animaux rencontrés au cours du trek: des volailles (poules, dindes), des porcs, des boeufs, des buffles, des yaks, des vaches au pelage abondant (croisement entre les vaches et les yaks), des aigles, des vautours, des chèvres, des chévres très poilues (bien adaptées à l'altitude), des ânes, des lézards et des chevaux (voir photo ci-dessus). Enfin, côté insectes: de nombreux papillons, des araignées (une d'entre elles, grosse comme le poing, avait élu domicile sur l'oreiller de Céline, beurk !), des libellules. L'intégralité du circuit représente entre 200 et 300 km de marche. Nous avons bouclé celui-ci en 14 jours (+ 2 jours en bus).

Problème rencontrés au cours du trek: Benoît a eu des piqûres de moustiques ou de fourmis peu avant de partir en trek et les a grattées: résultat des courses: impossible de mettre les chaussures de randonnées, les blessures empirent de jour en jour (sans pour autant trop freiner l'allure). Il s'agit maintenant de laisser le temps à ces blessures de guérir proprement. En passant, même le passage du col à 5400 mètres a été réalisé en sandales... La neige, c'est froid !
Julien, de son côté, a lui aussi gardé ses sandales tout le trek, de son propre chef. 2 exceptions: il a mit les randos un matin où il y avait neigé et pour le passage du col. Or, pour la descente du col, nous nous sommes trompés de chemin (NB: seul fois au cours du trek où le parcours est mal indiqué) et avons aboutis, après avoir longtemps suivis un petit chemin de crête, dans des véritables gorges remplies de cailloux TRES instables. Nous descendons alors pendant près de 1h30 dans cet enfer. Nous en sortirons finalement vivants et indemne. Enfin presque, puisque les chaussures de Julien, un peu justes, lui ont fait très mal aux deux gros orteils. Ce qui lui causera des difficultés pour la suite du parcours, ralentissant quelque peu son allure. Enfin, même remarque que précédemment, ça devrait guérir avec le temps.

Au retour, le bus est moins plein mais nous roulons pendant environ 1H30 sur des chemins de terre en plus ou moins bon état. Nous étions au départ assit tout à l'arrière, histoire de rigoler un peu. Puis, lorsque la tête de Benoît a heurté le plafond du bus (1 mètre plus haut), nous nous sommes dis que ces jeux là n'était plus de notre âge, tout du moins pas dans ces conditions. On s'est remis vers le milieu et cela s'est beaucoup mieux passé...

Nous passons ensuite 5 journées d'un repos bien mérité à Katmandu. Nous en profitons pour faire notre lessive (retardée de près de 2 semaines), écrire ce carnet de route et quelques cartes postales et chercher quelques musiciens (voir ci-dessous). Le soir précédant notre départ du Népal, nous avions prévu de dormir aux environs de l'aéroport de Kathmandu car nous devions nous y présenter le lendemain à 6h30. A notre arrivée, nous trouvons un endroit propice pour poser la tente et attendont tranquillement l'arrivée de la nuit pour nous y installer (beaucoup de passages dans les environs). Dans l'intervalle, nous discutons avec un népalais très sympatique qui voulait en savoir un peu plus sur notre voyage. De fil en aiguille, celui-ci apprend nos intentions de poser la tente aux environs et nous propose alors de venir coucher chez lui, à deux pas de là, où nous serons plus à notre aise. Nous acceptons alors chaleureusement cette offre spontanée qui nous évite bien des déboires (démonter et puis ranger la tente encore mouillée vers 5-6 H du matin n'est pas forcèment drôle). Le lendemain (2 mai), nous nous envolons pour Bangkok.

Côté musique, encore une fois la chance nous sourit ! Nous n'avons pas à faire grand chose pour rencontrer des musiciens, les événements se chargent de nous les faire rencontrer. Un soir avant le passage du fameux col, nous négocions le prix de notre chambre (En général, nous demandons à avoir la chance gratuite et, en contrepartie, nous mangeons sur place) dans le refuge de Thorung Phédi. Le patron accepte de nous donner un chambre gratuitement et nous logeons alors dans les bâtiments destinés aux porteurs. A notre arrivée, plusieurs porteurs profitent de la douce fin d'après-midi pour jouer aux cartes dehors et l'un d'entre eux joue de la flûte. Nous lui expliquons alors notre projet et celui-ci accepte de nous jouer un morceau. Il s'appele Beam Bo et parle très peu l'anglais. Il a commencé à jouer voici un an, et ma foi, il se débrouille plutôt pas mal, pour un débutant. Le morceau qu'il nous a joué s'appelle "Sondjélama", c'est un morceau traditionnel népalais de la région des Annapurnas. La flûte en bambou utilisée, quand à elle, s'appelle Bansuri (voir cet instrument).
Pour télécharger ce morceau, cliquez ici Ecouter (format MP3)

Contact du flûtiste:
Beam Bo
Bhim Bahadur Rai
Pany 9 - Sololukathmbu
Sagamatha - Népal

Le lendemain, nous nous arrêtons pour la nuit dans la ville de Muktinath. Après le repas, alors que, éreintés par une journée difficile, nous allions nous coucher, nous entendons le son de percussions et des chants en provenance de la salle à manger. Curieux, nous nous y rendons afin de voir ce qui s'y trame. Nous voyons alors un groupe d'Hollandais rassemblés autour d'une grande table. D'un côté de cette table, 5 ou 6 népalais (leurs porteurs en l'occurrence) chantent et dansent pour fêter le passage du col. 2 d'entre eux ont des percussions appelées Maadel, percussion ressemblant fortement au mridangam indien (voir cet instrument) et ils réalisent l'accompagnement rythmique des différents chants. Nous demandons alors à ces joyeux lurons (quelque peu épris de boissons) si nous pouvons les enregistrer, leur expliquant rapidement nos objectifs. "D'accord, si vous nous payez de quoi boire !" répond Deu Ghale, le chef de groupe de porteur. Nous passons alors une soirée très sympathique (et inattendue!) en leur compagnie. Leur musique est très festive et nombreux sont ceux qui dansent ou battent des mains pour accompagner les musiciens. Leur répertoire est essentiellement constitué de chants folkloriques népalais. A un moment, ceux-ci entament l'"hymne national népalais", ou plutôt une des chansons les plus populaires au Népal (populaire notamment dans le milieu touristique): "Résam Piriri". A l'origine, cette chanson était interprétée par les Gamharba (musiciens traditionnels) qui parcouraient les montagnes et les villages en la jouant. Elle est structurée comme nos propres chansons populaires avec un refrain revenant périodiquement. C'est alors que cela devient intéressant puisque le chef des porteurs a écrit ce refrain noir sur blanc à l'attention des Hollandais et tous chantent alors en coeur gaiement:

"Résam Piriri, Résam Piriri"
"Udera Djam Ki Dadama Basam"
"Résam Piriri"

Ce qui veut dire, d'après ce que nous avons pu comprendre (avec l'aide de 2 traducteurs différents):

"Châle dans le vent, châle dans le vent"
"Volant au dessus des montagnes"
"Châle dans le vent..."

C'est précisément ce morceau que nous avons choisis de vous présenter en téléchargement. Par contre, du fait du manque de luminosité, nous avons utilisé un effet spécial pour filmer, ce qui rend les images assez saccadées et parfois un peu confuses... Bon, on voit tout de même un peu près ce qu'il se passe et il y a la musique !
Pour télécharger ce morceau, cliquez ici voir extrait vidéo

Contact du chef du groupe des porteurs (pour ceux qui veulent réaliser un trek en musique):
Deu Ghale
Hard Rock Trek
Postbox - 14446
Thamel - Katmandu
Email: deughale@yahoo.fr

A Katmandu, juste en face de notre restaurant favoris (car bon et très peu cher), se trouve une petite échoppe fabriquant artisanalement des percussions. Les propriétaires, Rajkumar (photo ci-dessous, préparant les lanières de peau pour réaliser le cerclage des peaux) et Bisar (photo ci-contre, chauffant la peau à l'aide d'une résistance), sont frères et nous accueillent très chaleureusement bien que ne parlant que très peu l'anglais. "Vous voulez faire un film sur la musique népalaise ? Très bien, alors asseyez-vous !". Durant près d'une heure trente, nous assistons à la confection de petits tabla, de la base (le corps en bois de l'instrument est acheté à une fabrique, car sa fabrication nécessite d'avoir un tour à bois) jusqu'au produit fini. Nous avons ainsi une formidable opportunité de voir toutes les différentes étapes de cette fabrication et même de les filmer. Au fur et à mesure de la confection, nous posons différentes questions sur les étapes que nous ne comprenons pas. En fait, il suffit de bien regarder pour comprendre et une sorte de langage des signes mêlé à de l'anglais nous permettent de comprendre les points restées non expliqués. On retrouve le même principe de tension de la peau (par des lanières de cuir entrelacées) dans beaucoup d'instruments à membrane indiens et népalais: mridangam indien (instrument très proche du maadel népalais), nagara,...
Il nous est difficile de vous présenter un témoignage audiovisuel de ce mode de fabrication, cela impliquant de réaliser un montage avec les 40 minutes de film réalisé. Ce montage, nous le réaliserons au retour puis ensuite le mettrons disponible en téléchargement. Voici ci-dessous quelques photos supplémentaires pour les plus curieux d'entre vous.














Pastille constituée d'un mélange de fabrine, de poudre d'oxyde de fer de l'amidon. On voit ici nettement se détacher 5 couches différentes (NB: 2 applications de mélange par couches), ce qui donne toute sa richesse au son de l'instrument.

Tressage des 2 peaux sur un petit tabla. Sur les gros modèles, il y a 3 peaux.

Contact de Rajkumar et Bisar:
Magasin situé à côté du Lhasa Restaurant à l'opposé de l'hôtel Pisang
Thamel, Katmandu

Pour terminer, à force de flâner dans Thamel, nous avons trouvé un magasin de musique dont le propriétaire, Ram Krishna Kutju, nous fut tout de suite très sympathique. Nous lui avons donc présenté notre projet et il a accepté de nous présenter rapidement les instruments majeurs de la musique traditionnelles népalaises. Celui-ci nous jouera alors successivement de la guimbarde (appelée "Murchounga" au Népal, voir partie musique/écoute du site pour une présentation de cet instrument), du Saranghi (voir carnet de l'inde, partie le coin du musicien), du Maadel, du Bansuri, du monocorde "Ek Tare" et enfin du Kartal.
Nous avons choisi d'illustrer par une vidéo, le monocorde "Ek Tare", du fait de ses sonorités particulières et de son concept relativement peu connu.
Pour télécharger cette vidéo, cliquez ici voir extrait vidéo



La photo ci-dessus présente différents types de guimbardes. A l'extrème gauche, on peut voir 2 exemples de guimbardes de type "vietnamiennes", les autres sont larguement inspirées des guimbardes de type "rajasthani". Toutefois, toutes ces guimbardes (de factures excellentes, nous les avons testées!) sont fabriquées à Kathmandu.

Contact de Ram Krishna Kutju:
Manjushree Music Center
Satghumti, Thamel, Paknajoi-16
Kathmandu, Nepal
E-mail
: manjushreemusiccenter@hotmail.com

GENERALITES SUR LE NEPAL:

  • Au Népal, la nature est sublime.
    - "on a recensé 6500 espèces d'arbres, d'arbustes et de fleurs sauvages.
    - "plus de 800 variétés d'oiseaux ont été dénombrées au Népal, soit près de 10% des espèces connues"
      Textes tirés du guide Lonely Planet du Népal
    -
    Enfin, on peut y voir de nombreux papillons, tous plus fascinants les uns que les autres.
  • La nourriture y est très bonne et on y trouve nombre de mets succulents, notamment ce qu'ils appellent des momos et qui sont un genre de ravioli farci avec de la viande de buffle ou de poulet, ou encore avec des légumes. Au titre des spécialités locales, il y a également l'incontournable dal bhat, plat on ne peut plus populaire composé de riz, d'une sorte de soupe de lentilles et de pommes de terre. Vous avez encore faim même après un dhal bat? pas de problème. Un bon beignet de riz et c'est oublié.
  • Les conditions de vie ici sont pour certains très rude: il y a beaucoup de travail dans les champs (ceux-ci sont labourés à l'ancienne à l'aide la charrue, surmontée de boeufs ou de buffles), à entretenir les chaussées (cassage de cailloux à l'aide de marteaux pour obtenir des gravas, édification de murs réalisés avec des grosses pierres et du grillage, nettoyage des éboulements sur les routes), à ravitailler les villages perdus dans la montagne... Hommes, femmes et enfants portent tous des charges conséquentes (adaptée à leur force et poids, bien sûr) grâce à une technique de portage bien particulière à l'aide d'une sangle qu'ils placent sur leur front et qui passe sous la base de la charge. Enfin, bien souvent sur le trek, les porteurs transportent sur leur dos des charges équivalentes à 30 ou 40 kg ! Soit environ le poids de 2 gros sacs de randonnée bien remplis...
  • L'accueil des Népalais est très chaleureux ! De plus, beaucoup parlent anglais, ce qui facilite grandement la communication (du coup, grand flemmards, nous n'avons appris que très peu de mots népalais). Enfin, ils ont une grande qualité: ils ne touchent pas sans arrêt les vélos ! Un peu soit, mais juste un peu. La plupart du temps, s'ils veulent observer quelqu'un, ils restent relativement à distance, ce qui est très appréciable après 2 mois en Inde...

BONUS:

Pendant le trek, nous avons beaucoup lu mais aussi fait un peu de musique. Benoît a enregistré une composition au chant diphonique, pour les amis et les plus motivés.
Pour télécharger ce morceau, cliquez ici Ecouter (format MP3)

Nous vous offrons aussi une petit vidéo Surprise qui devrait vous laissez rêveurs. Pour la voir, cliquer ici
Pour télécharger cette surprise (479 KO), cliquez ici voir extrait vidéo

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écouter des extraits musicauxLe coin du musicien (termes utilisés parfois assez technique, nous consulter pour de plus amples renseignements)

NB: Une partie des informations citées ci-dessous sont citées d'autres sources Internet, aussi, si vous reconnaissez votre texte dans nos carnets et que vous voulez l'enlever, nous nous exécuterons immédiatement. En effet, plutôt que de reformulez maladroitement un texte déjà bien écrit, nous préférons le citer tel quel afin d'en garder toute la " saveur ".

Bansuri
Définition du Bansuri Indien: La flûte en bambou est un des plus anciens instruments indiens. Instrument de musique populaire, elle n'a été utilisée pour la musique classique que récemment, obtenant ses lettres de noblesse avec des musiciens tels Pannalal Gosh ou Hariprasad Chaurasia. Techniquement limitée à deux octaves, la flute présente de nombreuses difficultés pour l'exécution d'un râg : les glissandos nécessaires à son épanouissement sont difficiles à réaliser avec un instrument à vent. Les glissandos sont réalisés ici avec un doigté spécial : le rapprochement des doigts vers les trous de la flûte; cette technique permet des glissandos de 6 notes. La flûte en bambou conventionnelle a 7 trous positionnés sur les notes du that Kalyan (un des modes indiens). Les trous sont alignés sauf le dernier (décentré de façon différente pour les musiciens droitiers et gauchers). Certains flûtistes utilisent une clef pour boucher le dernier trou quand la flûte est particulièrement longue.
NB: au Népal, on appelle Bansuri toute flûte présentant un mode d'insufflation latéral (comme la flûte traversière, par exemple). Ce terme englobe donc bon nombre de flûtes, la plupart étant en bambou. Elles peuvent présenter un nombre de trous et un longueur différentes selon les cas. Enfin, le terme Murali est utilisé pour qualifier toutes les différentes sortes de flûtes droites.

Maadel:
Le Maadel est l'instrument de percussion majeur de la musique folklorique népalaise. Il est apparenté au mridangam indien et nous vous renvoyons au carnet de route de l'inde pour en consulter la définition. Une seule différence subsiste dans le fait que les deux peaux (et non uniquement celle de la bouche aiguë (main droite))
comportent une pastille d'agglomérat ferreux (mélange de farine, de poudre d'oxyde de fer et amidon). Le rythme traditionnel Népalais le plus utilisé est appelé "Chaouré", c'est d'ailleurs le rythme utilisé dans le morceau "Resam Pirir", proposé plus haut en téléchargement.



Kartal:

paire de claquettes en bois ajouré dans lesquelles sont insérées des cymbalettes que l'exécutant tient d'une main et secoue rythmiquement. De plus, les deux claquettes sont entrechoquées pour marquer le temps fort.




Ek Tare:
Le principe du monocorde aurait été inventé par Pythagore (qui l'emprunta peut-être aux Egyptiens) vers le 6ème siècle avant Jésus-Christ: il servait à mesurer les intervalles d'une gamme et à démontrer les lois de base de l'harmonie. On le trouve, sous des formes différentes dans différents endroits du monde, notamment en Asie du Sud-Est, Centrale et en Europe. Le monocorde "Ek" (une) "Tare" (corde) est constitué, comme son nom l'indique, d'une seule corde rattachée entre un chevillet (à une seule cheville) et une peau (de chèvre, de poisson,...), elle même fixée sur une pièce de bois formant caisse de résonance. Deux lamelles de bois flexible sont clouées de chaque côté de la caisse de résonance et du chevillet. Leur flexibilité permet à l'exécutant de faire varier la tension de la corde en cours de jeu, d'une main. L'autre main sert à gratter la corde simultanément avec ou sans médiator. Une autre technique (illustrée sur la vidéo en téléchargement) consiste à tenir la corde entre 2 doigt, réduisant ainsi la longueur de corde vibrante et, par la même, le son produit.

Afficher les kilomètres parcourusKilomètres parcourus et détail des étapes.

Environ 1076 kilomètres parcourus au Népal en 36 jours et 25 étapes, dont 393 km en vélo, environ 181 km à pieds, et 502 km en bus.

28 Mars :

Sunauli - sortie de Butwal. 35 km parcourus. Nuit en bord de route (et de ravins).

29 Mars :

Grosse pluie dans l'après midi et avançée au rythme des éclaircies. Un bon col de franchis. 32 km parcourus. Nuit au sommet du col.

30 Mars :

Grosse pluie dans l'après midi. 2 descentes et un autre col. 60 km parcourus. Nuit en sortie de village.

31 Mars :

Un dernier col à franchir et une bonne descente vers Pokhara. 58 km parcourus.

1er Avril :

Pokhara - 10 km avant Damauli. Un col franchi. Nuit en bord de route. Pendant la nuit, début d'innondation mais nous profitons d'une "éclaircie" pour déplacer le campement de quelques mètres. 41 km parcourus.

2 Avril :

10 km avant Damauli - 100 km avant Katmandu. Route plutôt vallonnée. Nuit en bord de route. 60 km parcourus.

3 Avril :

100 km avant Katmandu - 50 km avant Katmandu. Nuit près des rizières. 52 km parcourus.

4 Avril :

52 km avant Katmandu - Katmandu. Franchissement du plus gros col de notre vie. 55 km parcourus. Nuit à l'hôtel.

Du 5 au 8 Avril :

- Rencontre avec Céline et Didier et organisation du trek avec eux.
- Visite du Monkey Temple.
- Achat du billet d'avion pour la Thaïlande
- Et... repos : location de quelques DVDs, lecture.

9 Avril :

Bus pour Besisahar, point de départ du trek.(206 km, soit 7 heures de bus)

10 Avril :

Besisahar - Ngadi (930 m). 3h45 de marche, environ 12 km parcourus.

11 Avril :

Ngadi - Jagat (1300 m). 6 h de marche, environ 15 km parcourus.

12 Avril :

Jagat - Tal (1700 m). 3h30 de marche, environ 8 km parcourus.

13 Avril :

Tal - Lata Marang (2400 m). 6 h de marche, environ 15 km parcourus.

14 Avril :

Lata Marang - Thaleku (2720 m). 2h30 de marche, environ 8 km parcourus.

15 Avril :

Thaleku - Upper Pisang (3300 m). 4h30 de marche, environ 10 km parcourus.

16 Avril :

Upper Pisang - Ngawal (3657 m). 3 h de marche, environ 8 km parcourus.

17 Avril :

Ngawal - Gunsang - Manang - Gunsang (3900 m). Séparation avec Céline et Didier qui resteront à Manang pour 2 journées de repos. 6 h de marche, environ 20 km parcouru.

18 Avril :

Gunsang - Thorung Phedi (4450 m). 4h15 de marche. environ 10 km parcourus.

19 Avril :

Thorung Phedi - Muktinath (3800 m). 8 h de marche, environ 10 km parcourus.

20 Avril :

Muktinath - Jomosom (2710 m). 6h15 de marche, environ 15 km parcourus.

21 Avril :

Jomosom - Kokhethanti (2995 m). 5 h de marche, environ 15 km parcourus.

22 Avril :

Kokhethanti - Kopchepani. 3 h de marche, environ 10 km parcourus.

23 Avril :

Kopchepani - après Tatopani. 5 h de marche, environ 10 km parcourus.

24 Avril :

- Après Tatopani - Béni. 5h15 de marche, environ 15 km parcourus. .
- Béni - Pokhara réalisé en bus (environ 90 km, 4 h de bus). Nuit à l'hôtel.

25 Avril:

Trajet Pokhara - Katrmandu. Nuit à l'hôtel.

Du 26 au 30 Avril :

- Rédaction du carnet de route
- réponse aux mails
- Lessive
- Entretien des vélos
- Recherche de musiciens à enregistrer.
- Recherche de polystirène pour protéger les parties sensibles des vélos.
- Rédaction de cartes postales.
- Et bien sûr, location de quelques DVDs.

1er Mai :

Direction l'aéroport de Katmandu afin d'être tôt sur les lieux le lendemain (l'avion décolle à 8h30 et l'embarquement se fait 2 heures avant). Nuit passée chez un népalais.

2 Mai :

Transit vers la Thaïlande : vol Katmandu - Bangkok.

 
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Association Peuples et Musiques

A la rencontre des Peuples et des musiques du monde, Objectif Mongolie !